Historique

L’histoire de la Maison de la Parentalité et de la Naissance de la Croix-Rousse:

Nous allons vous conter l’histoire de ce projet qui est devenu réalité le 17 septembre 2005. Que s’était-il passé avant ? Quels ont été les méandres de sa gestation ?

En fait, tout a commencé le 7 mai 1994, chez Maïtie Trélaün, sage-femme, au cours d’une réunion organisée par l’Association ALYCCS (Association Lyonnaise pour Comprendre et Choisir sa Santé) à l’initiative de Gilles Laracine et de Maïtie dans le but de lancer le GRAN (Groupe de Réflexion Autour de la Naissance). Le GRAN est un groupe de parents et de 2 sages-femmes libérales pratiquant l’accompagnement global de la Naissance (Maïtie et Sophie Janin). Ce groupe se réunit tous les mois chez les uns ou chez les autres et échange sur des thèmes précis. Les comptes-rendus de ces échanges donnent lieu à des petits livrets encore consultables aujourd’hui. Le GRAN est présent sur le Salon Baby en 1996. Pour cela, Maïtie a fait appel à plein de parents qui viennent l’aider à tenir le stand avec leurs bambins. La vie sur le stand est tout aussi passionnante que la rencontre avec les passants. Puis Maïtie quitte ALYCCS et le GRAN en 1998.

 C’est à cette même période qu’elle commençe à parler de l’avenir de la naissance à Lyon lors des journées rencontre autour du chant prénatal qu’elle organisait annuellement pour réunir toutes les familles qu’elle avait accompagnées depuis le début de son exercice libéral. Beaucoup de ces couples accouchaient à la clinique Champ Fleuri à Décines. Or, l’évolution du paysage obstétrical lui permet de pressentir la fermeture de cette structure. Dans le même temps, il commence à être question des Maisons de Naissance (MN) en France. Maïtie a donc lancé un appel aux parents, insistant sur le fait qu’une association de parents serait sûrement importante à l’avenir soit pour soutenir la clinique Champ Fleuri soit pour soutenir la création d’une MN. En février 1999, Cyrille Philippe, sage-femme, et Maïtie assistent au premier forum des MN qui se déroule au Ministère de la Santé avec la présence (tout au moins au début) de Monsieur B. Kouchner. Tous les pays voisins étaient présents pour exposer leur expérience. A l’issue de cette rencontre, le ministère a demandé qu’une Commission des Maisons de Naissance soit créée afin de lancer des projets pilotes. Ce fut l’origine du Groupe National de Travail sur les Maisons de Naissance (GNT), sauf que le gouvernement n’a jamais voulu s’y joindre. Le GNT dépose à l’INPI la définition d’une MN. La réflexion sur les MN est lancée du côté des sages-femmes sur Lyon. Un petit groupe s’est constitué autour de Cyrille et Maïtie afin de concrétiser le travail au sein d’une MN, son organisation,… La réflexion sur la création d’une association de Parents pour, entre autre, soutenir la création d’une maison de naissance, est lancée en parallèle. Elle fut crée en 2000 avec Sylvie Martinez comme Présidente : c’est l’Association La Cause des Parents. Elle est domiciliée à Chazay d’Azergues. Cette association a pour but de : être un lieu d’accueil, favoriser un réseau d’échanges et de soutien entre parents, futurs parents et grand-parents (partage d’expériences, services, réunion thématiques, matériel, groupes de parole,…) ; informer et faire connaître différentes approches personnalisées de la maternité/paternité, afin d’apporter des éléments de réflexion pour que chacun puisse choisir et être responsable dans toute la période comprenant la grossesse, la naissance et la petite enfance. informer, faire connaître différentes façons d'aborder la naissance et promouvoir l'AGN (Accompagnement Global de la Naissance), c'est à dire prendre en compte les périodes pré et post-natal, ainsi que l'accouchement) et toute forme d'accompagnement de la parentalité, respectueuse de l'individualité de chacun. soutenir la création d'une Maison de Naissance. Les groupes de parents ont repris sous l’impulsion de Maïtie. Elle lance également un groupe de pères qui sera repris par Hervé Martineau. Mais le groupe s’arrête au bout d’un an. En Décembre 2000, suite à une remarque de Cyrille « tu sais, elle existe cette maison qui accueillera notre projet », Maïtie s’amuse à rêver en regardant les petites annonces. Elle trouve une Maison avec jardin à 300m de la maternité de la Croix-Rousse ! Le rêve aurait-il envie de devenir réalité ?

 La visite des locaux la renforce dans cette conviction. Le 1 er janvier 2001, elle rencontre différentes personnes qui sont prêtes à investir dans ce lieu. C’est une façon pour elles de participer de loin au projet, puisqu’elles ne sont pas sur la région. Par contre elles ne veulent pas financer les travaux. A nous de trouver le financement. En échange, elles proposent un loyer symbolique.

Le 19 janvier 2001 a lieu la première réunion « Maison de Naissance » avec des sages-femmes (Maïtie, Cyrille, Catherine Tscherter, Pascale Metrat) et des membres de LCDP (Sylvie Martinez, Agnès Lepin, Christine Westercamp, Emmanuelle Guyot) et Serge le conjoint de Maïtie. Nous hésitions entre nous rapprocher de Champ Fleuri, d’Edouard Herriot (H.E.H) ou de la Croix-Rousse. Nous choisissons de l’implanter sur la Croix-Rousse car la notion de village nous plait bien. De plus, l’évolution de la maternité vers une grosse structure niveau 3 inquiète le Maire et ses habitants qui se demandent si les Croix-Roussiens vont pouvoir donner naissance à leurs enfants dans cette maternité. Nous décidons de rejoindre le GNT pour travailler à un concept français des MN. C’est lors de cette réunion que Maïtie présente une nouvelle profession qui se développe bien à l’étranger : les doulas. En Février 2001 à Primevère nous donnons notre première conférence sur les Maisons de Naissance et notre projet. LCDP rejoint Naissance et Liberté, fédération regroupant plusieurs associations de parents. En juin 2001, Cyrille rencontre M. Rudigoz, chef de service de la Maternité de la Croix-Rousse pour lui présenter notre projet. Mr.Rudigoz n’est pas très favorable à l’idée d’une Maison de Naissance si éloignée d’un bloc opératoire. Le 30 Juin, la Maison à la Croix Rousse est acquise par la SCI Chrysalide qui nous remet les clés. Commence alors à se poser sérieusement la question de la structure juridique de qui va pouvoir gérer la MN. Nous commençons à chercher des subventions, à rencontrer les institutions, à budgéter le projet. Des rencontres avec des juristes et avocats nous font choisir la formule légère de l’Association comme organisme gestionnaire du projet. Dans l’été, nous organisons la première journée rencontre à la MN. Le jardin est agréable, les rencontres passionnantes. De nouvelles personnes nous rejoignent. Tout cela nous encourage dans notre dynamisme. Octobre 2001, Elisabeth Martineau devient présidente de LCDP. Elle donne une nouvelle énergie en permettant l’organisation de nombreuses conférences et ateliers. Elle lance La Causerie : petit bulletin qui est envoyé aux adhérents 3 fois/an. Le 30 novembre 2001 : réunion constitutive de l’Association Cocon-Papillon. Elle est déclarée le 18 janvier 2002. Son siège social est à la MN, 6bis rue Jean Jullien à Lyon 4 ème. Cette association est constituée d’un nombre égal de sages-femmes (Maïtie, Cyrille, Christelle Chopard, Pascale Metrat, Hélène Brochier) et de représentants de LCDP (Agnès Lepin, Christine Westercamp, Emmanuelle Guyot, Blandine Janodet et Marie-Christine Fournier) ainsi que 2 professionnels Hélène Romand (médecin) et Sylvie Imbert (ostéopathe). Maïtie est présidente. Les membres de l’association s’intéressent à tous les domaines concernant le projet d’enfant, la maternité, la paternité, la naissance, la parentalité mais aussi la santé. Ils se proposent notamment : de créer une Maison de la Naissance et de la Parentalité, d’en assurer le fonctionnement et la gestion, de promouvoir l’accompagnement global de la naissance et toute forme d’accompagnement de la parentalité respectueuse de l’individualité de chacun, de proposer toutes formes d’activités et de formations relatives à cet accompagnement, de créer un réseau d’échanges parents/professionnels, parents/parents, de collecter et d’analyser les informations permettant à chaque adhérent de parfaire ses connaissances, de se forger une opinion et de garantir son autonomie, de s'intéresser à toute recherche indépendante ou non et de promouvoir l'information correspondante, de participer ainsi à la maîtrise des coûts sociaux en matière de santé. (extraits des statuts) Nous décidons que le projet MN se transforme en Maison de la Parentalité et de la Naissance (MPN) avec un rez de chaussée réservé à la MN et le premier étage ainsi que les combles aménagés en lieu proposant des activités, des consultations, des rencontres entre parents, afin de donner aussi un lieu à LCDP en lien direct avec la MN … Le travail se répartit en commissions afin de gagner en efficacité (budget, travaux, mécénat, communication, autres professionnels (ceux qui vont exercer une activité à la MN), statistiques, nouvelle profession « assistante natale » (doulas), dossier Croix-Rousse, dossier DDASS/FAVQS, aspects juridiques, GNT). Le 9 octobre 2002, Vanina Goetgheluck se présente aux membres CA. Elle souhaite être doula. Elle deviendra un membre très actif de l’association LCDP. 2002, LCDP a reçu une subvention de la DDASS pour l’impression de ses plaquettes. LCDP continue d’être présente dans les salons Baby, Primevère, La Germinoise, Vivez Nature. Elle organise bon nombre de conférences et d’ateliers (cf. bilan d’activité). Les groupes de parents continuent, l’un débute à la MPN encore en travaux. En janvier 2003, la commission doulas présente un projet de formation des « Accompagnantes à la Naissance (AN)», terme qu’elle trouve plus approprié à la France. Il se décide que Vanina crée une nouvelle association, l’association ALNA dont elle est présidente. Maïtie accepte de l’aider pour mettre en place cette formation. Le 6 Juin 2003, Elisabeth est présente aux Etats Généraux de la Naissance. Le Collectif Interassociatif de la Naissance est né ; La Cause des Parents en fait partie. En Juin 2003, plusieurs mauvaises nouvelles vont faire prendre à Cocon Papillon un grand virage. Nous espérions beaucoup une aide de Cap réseau : notre dossier n’est pas retenu. Nous avons fait une demande auprès des services fiscaux pour savoir si nous serions assujettis à la TVA : non seulement nous y serons assujettis mais encore, comme des professionnels constituent le CA, nous sommes une association à but lucratif, ne pouvant pas recevoir de subvention, assujettie à l’IS et devant tenir une comptabilité commerciale. Le plan de périnatalité ne laisse aucun espoir pour les MN à l’extérieur des structures mais ouvre la possibilité de MN dans les structures hospitalières. Nous décidons que le projet MN continue mais en cherchant une structure qui puisse l’héberger. Les possibilités sont H.E.H. avec le projet de construction pour 2007 : mais les plans sont déjà arrêtés et ne peuvent être modifiés. Monplaisir qui se regroupe avec Champ Fleuri et la clinique Pasteur : la directrice est favorable, les médecins sont absolument contre. La Croix-Rousse : mais il n’y a pas de travaux en vue ! Le 23 avril 2004, pour notre maison de la Croix-Rousse, Cocon Papillon propose à LCDP de prendre le relais et de porter le projet de la maison qui garderait son appellation de MPN. La Cause des Parents accepte l’opportunité d’investir une partie de la MPN pour organiser une partie de ses activités en parallèle avec des professionnels de la santé et de la petite enfance. Par contre, faute de financement nous limitons notre projet en n’utilisant qu’un seul étage. Ainsi la SCI récupère les 2 autres niveaux pour de la location de meublés destinés entre autres à des étudiants, donc avec des baux courts (ce qui nous donne assez facilement la possibilité de récupérer des appartements pour nous agrandir si le besoin s’en fait sentir un jour). Comme la SCI récupère des possibilités de location, elle accepte de prendre en charge nos travaux de rénovation. Cocon-Papillon est laissée en sommeil en attendant de la dissoudre. (Elle sera définitivement dissoute en décembre 2005) Cocon–Papillon a envoyé 175 dossiers de demande de subvention ou de mécénat. Elle a eu 57 RV dans des organismes différents avec les personnes responsables des subventions et du mécénat. Nous n’avons pas compté le nombre d’heures passées au téléphone. Tout le monde trouve notre projet passionnant, important, innovant. Mais personnes ne fait le pas de nous aider : nous sommes trop en amont en matière de prévention. Certains particuliers ou petites entreprises ont fait des dons qui permettent de payer une partie de nos frais de bureau. Leur soutien nous a été primordial. La SCI Chrysalide continue son soutien ainsi que Gepetto (l’entreprise de Jean-Luc Maillet notre maître d’œuvre) qui nous propose de rénover la maison avec des prix défiant toute concurrence. Il fera même cadeau à la MPN d’une partie des travaux spécifiques à cet étage. Il ne compte pas non plus les heures de bataille qu’il a passé avec l’administration pour que notre projet puisse répondre aux normes demandées. Un vrai casse-tête chinois ! Juin 2004 : un reportage est tourné par Sylvie Sargueil sur les Maisons de Naissance et notre projet. Il passera sur FR3 Août 2004 : Emmanuelle Guyot devient présidente de LCDP. Les travaux dans la maison commencent en Juin 2004. Le 7 Février 2005, les HCL demandent à nous rencontrer pour parler d’un projet de Maison de Naissance ! En effet un agrandissement est prévu à la maternité de la Croix-Rousse, nous pourrions peut-être y avoir une place. Le 21 Mars, Cyrille et Maïtie rencontrent le grand directeur des HCL. Il est ouvert à notre projet à 2 conditions : que M. Rudigoz soit partant. que le gouvernement bouge en faveur des MN. Début mars 2005, les travaux sont finis dans la MPN, au rez de chaussée. Beaucoup d’adhérents ont mis la main à la pâte : ce qui a permis de se connaître d’une autre façon. Le lieu est accueillant et chaleureux, il nous faut encore le meubler. La maison vit grâce au dynamisme des adhérents qui lancent les mercredis parents/enfants à thème, puis d’autres nouveaux adhérents de la Croix-Rousse se lancent dans les vendredis parents/bébés. La maison se fait connaître localement, elle s’ouvre à de nouvelles personnes, elle prend vie. De nombreux groupes de parents se sont développés dans la région (Chazay, Beaujolais, Mornant, Francheville, Lyon, Pomeys). Un groupe de parents d’adolescents existe sur Chazay.

En avril 2005 Agnès Lepin devient présidente de LCDP et demande d'intégrer les professionnels d'ex-Cocon Papillon en tant que membres d'honneur de LCDP. Le 30 juin 2005, Cyrille, Maïtie et Sophie Guitton rencontrent M. Rudigoz, M. Bourdon directeur de la maternité de la Croix-Rousse et M. Deniel directeur adjoint des HCL. La MN ne fera pas partie du prochain agrandissement de la maternité car le gouvernement n’a toujours pas rédigé de textes en faveur des MN. Par contre M. Rudigoz veut bien discuter de la faisabilité d’un tel projet du point de vue médical. Ce que nous acceptons avec plaisir. Le 17 septembre 2005, la MPN est inaugurée par M. Bolliet, Maire du 4 ème qui coupe le cordon ombilical et les enfants plantent un noisetier, symbole de fécondité, d'abondance et de souplesse. Le 11 octobre 2005, la première réunion de la Commission Nationale de la Naissance à lieu à Paris. Nous attendions cette réunion depuis 1999, puisque c’est dans cette commission que se définiront les MN françaises.

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